Église de Talmont sur Gironde


L’église de Talmont sur Gironde, vouée à sainte Radegonde, se situe à l’extrémité sud-ouest du promontoire. Seule une étroite promenade la sépare de la falaise, à l’ouest et au sud, tandis qu’au nord, s’étend le petit cimetière. Construite en majorité au 12e siècle, elle présente un plan caractéristique des édifices religieux romans : un plan en croix grecque, alliant une nef, un transept, deux absidioles, un avant-choeur et le choeur. La nef ne comprend qu’une seule travée à la suite de l’effondrement, au 15e siècle vraisemblablement, d’une partie de l’église, peut-être en raison d’un défaut de conception de la crypte qui se trouve au-dessous. Le faux clocher (il n’abrite pas la cloche, placée au sommet de la nef) a été ajouté en 1937.


Par ailleurs, à partir de son classement au titre des monuments historiques, en 1890, de nombreux travaux sont réalisés pour consolider l’édifice, puis pour restituer des éléments disparus, parfois même sans réalité historique avérée. Les interventions réalisées à partir des années 1930 notamment, ont ainsi visé à recréer une église romane saintongeaise idéale. On a ainsi (re)créé une coupole en pierre dans le transept, élevé le faux clocher, abattu les vestiges du chemin de ronde qui couronnait l’abside, doté les absidioles d’un toit à croupe ronde, et restitué (ou créé) un certain nombre d’éléments sculptés de l’abside, des absidioles et du portail nord. Il n’en demeure pas moins que le décor sculpté de l’église de Talmont présente une richesse et une variété remarquables. L’abside et les absidioles fourmillent d’animaux et de figures humaines ou fantastiques, représentés sur les modillons des corniches. Le décor du portail nord est organisé en triptyque autour des thèmes de la condition de l’homme aux prises avec le mal (à gauche), des moyens de son salut (au centre), et du sacrement de pénitence (à droite). À l’intérieur, les chapiteaux de la croisée du transept portent des motifs végétaux, des crossettes, des scènes de combat entre des lions, des oiseaux, des monstres ; sur la pile nord-est, on devine saint Georges protégeant une femme du dragon.

Source : Inventaire du patrimoine – Estuaire de la Gironde

 



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